Photo : Jeep exposée au beau milieu de l’espace restauration de Comet La Défense. Crédit photo Jared Chulski.

 

La crise sanitaire a assurément accéléré la transformation de nos bureaux et modifié notre rapport à l’espace de travail en général. Le retour progressif initié par certaines entreprises amène un double constat :

  • Les bureaux sont déserts,
  • Collaborateurs comme managers plébiscitent un télétravail adapté (ie. entre 1 et 3 jours par semaine selon les métiers et les organisation).

 

Cette situation incite certaines entreprises à se lancer dans des projets visant à transformer les espaces de travail :

  • Pour réduire les surfaces devenues assez inutiles,
  • Pour renforcer l’attractivité des bureaux et y créer de nouveaux usages portés sur la collaboration et le renforcement des liens sociaux.

 

Cette transformation peut passer par la mise en place d’une organisation en flex-office. Une démarche qui nécessite en général un accompagnement des équipes car elle peut être vécue comme anxiogène. Elle marque pour certains une perte d’identité, une perte de repère : MA place attribuée, MES affaires, MES photos, MES trophées, etc …

Mais s’agit-il vraiment d’une perte totale de repères ou plus du passage d’un repère individuel à un repère collectif ?

 

 

Du repère personnel à l’emblème collectif ?

Pour compenser ce sentiment de perte, la personnalisation des espaces collectifs partagés est l’une des réponses apportées par certaines entreprises aujourd’hui.

La personnalisation, hier orchestrée entre intuitue personae et initiatives individuelles, laisse maintenant la place un branding corporate maîtrisé et personnalisé au sein duquel un élément va jouer de nombreux rôles tant à l’interne qu’à l’externe : l’Objet !

 

L’Objet devient désormais un étendard symbole de la transformation d’une entreprise

Lors de déménagements, d’évolutions des espaces de travail, les ateliers liés à l’accompagnement au changement posent la question de l’objet. Il est devenu une icône de l’entreprise ou de l’équipe. Le choix d’un Objet s’avère être un acte fort lorsqu’il est soigneusement et symboliquement choisi pour incarner un village, un quartier, une direction … et il devient un réel catalyseur du changement et du collectif !

 

De l’unique attrait décoratif vers l’objet vecteur de sens et d’émotions

Le choix d’un Objet devient guidé par sa capacité à donner du sens. Il permet de raconter des histoires, génère un supplément d’âme indéniable, et véhicule des émotions fortes.
Lorsqu’il est mis en scène, sa plus-value sensorielle plonge le visiteur ou le collaborateur dans l’immersion de l’espace qu’il découvre ou qu’il occupe.
Fini l’objet décoratif ou l’œuvre d’art choisie pour des raisons arbitrairement esthétiques. L’objet peut illustrer un repère, telle une référence historique ou symbolique pour certaines sociétés. C’est ici la dimension iconique que revêt l’Objet qui va nous intéresser.

A l’instar de ce cabinet d’architecte qui a chiné une Lounge chair de Eames, choisie tant pour son confort, que son statut de « pièce de design, » et dont le modèle est de la même année de naissance que le patron de l’entreprise ou de l’agence. L’Objet offre dans ce cas bien plus qu’une belle assise, il assoit aussi une appartenance sociale et sectorielle.

 

L’objet unique porté au statut d’emblèmes

Les designers d’espace utilisent parfois l’Objet pour procurer un impact visuel fort (« effet waouh ») à l’accueil ou au sein du lieu de vie principal de la société. Les entreprises peuvent alors investir dans la fabrication sur-mesure d’un objet démesuré, qui va faire parler de lui. Une pièce unique !

Cet Objet peut apporter un sentiment d’appartenance et de fierté. La société Comet Meetings, connue pour ses lieux ultra décorés a choisi comme objet iconique sur son site de La Défense une Jeep de l’armée américaine au sein de son espace principal. Un objet marquant et remarqué !

Dans ce type de cas, l’objet devient emblématique et totémique, l’ensemble des collaborateurs se l’approprie. On le montre, on en parle, on se prend en photo avec lui, on le publie sur les réseaux sociaux… Il vient porter l’esprit d’une entreprise, d’une équipe, d’une tribu… d’un collectif.
L’Objet devient l’étendard de l’entreprise.

 

De l’objet du désir à l’incarnation de la transformation

L’Objet est donc porteur de sens, d’émotions, apporte un supplément d’âme et toujours sa force décorative. Il aide sans nul doute à désacraliser l’espace tertiaire. Il devient l’objet du désir, l’objet remarqué, le fer de lance de la transformation interne et parfois l’un des supports de la communication externe de certaines entreprises.

Il est aussi de plus en plus un véritable levier de changement. L’intérêt pour la question du choix de l’objet dans les ateliers d’accompagnement au changement est manifeste.

Les réflexions apportées par les participants d’un atelier de transformation des espaces amènent bien plus que le simple choix d’un objet… elles fédèrent et poussent les individus à se questionner, à mettre en perspective, à illustrer et à symboliser la mutation de leur entreprise… L’objet devient aussi un nouveau vecteur de réflexion, qui vaut autant pour le choix qui sera fait que pour le cheminement vers ce choix.

 

Article écrit par :

  • Ludovic Legendre, Parella, Associé MRICS
  • Nicolas Flachot, Parella, Directeur du Style et de la Création