Quiet Quitting. Faut-il s’en inquiéter plus que du Big Quit ?

Tous les journaux évoquent depuis quelques semaines ce #Quiet Quitting à 90 millions de vues sur Tik Tok. Il est devenu le signe de ralliement de salariés qui s’opposent à la culture du travail, qui refusent les heures sup, exigent une déconnexion systématique en dehors des horaires de boulot, ne voient pas l’intérêt de s’impliquer toujours plus en risquant le burn out.

Mais qu’est donc cette « démission silencieuse » ou « démission discrète » ?

Aux origines du mouvement

Et si le phénomène, loin de dater d’hier, avait 2 siècles ?

On peut considérer qu’il a été incarné, dès 1853, par Bartleby, personnage inventé par Herman Melville dans une de ses nouvelles. Bartleby est un clerc engagé dans une étude pour faire des copies. Après avoir un temps fait preuve d’implication, il va refuser une à une toute les taches qui lui seront demandées avec cette formule devenue célèbre “Je préfèrerais ne pas”, “I would prefer not to”

Dans les années 2000, c’est la série « The Office » qui dénonce l’absurdité du monde du travail. Elle popularise le personnage de Jim qui se débrouille pour en faire le moins possible

Et tout récemment, en avril 2021, c’est en Chine qu’une nouvelle tendance est devenue virale sur TikTok : le « tangping ». Cela signifie littéralement “rester allongé”. On devine le mouvement de contestation. Le hashtag est désormais censuré dans le pays

Pour revenir au quiet quitting, le courant se propage aujourd’hui au UK, aux USA et en Australie

Comprendre ce mouvement

Le phénomène pourrait presque ne pas nous surprendre compte tenu du faible niveau d’engagement actuel des salariés mis en exergue par le dernier rapport Gallup (9% au UK, 6% en France).

Entre recherche de sens, urgence climatique, injonctions contradictoires entre objectifs de croissance et besoin de sobriété, on peut comprendre le « à quoi bon » qui traduit l’état d’esprit des « quiet quitters »

La crise sanitaire a certainement accentué cette transformation du rapport au travail, ce recentrage sur soi.

Les « quiet quitters » sont plutôt jeunes, moins de 30 ans.

Ils appellent à se conformer strictement à sa fiche de poste, à en faire le minimum. Mais ils ne sont pas inconscients, et ne vont toutefois pas prendre le risque de se faire licencier

Le Guardian rapporte quelques citations représentatives : “Votre job n’est pas toute votre vie !” Les quiet quitters évitent tout effort non indispensable, “quittent le bureau à l’heure et mettent Slack en mute” avant de le poster sur les réseaux sociaux.

Hunter Kaimi, qui incarne le mouvement sur TikTok, avance que l’idée même de faire des heures sup pour s’acheter son chez soi dans un monde qui ne sera peut-être même plus vivable dans 50 ans est tout aussi scandaleuse qu’ignare.

Autre exemple, celui de Laurène, qui milite après plusieurs expériences en agence de publicité : « le but de nos vies, ce n’est pas de rester 40 ans dans la même boîte toxique ». « Tu arrives à 8 heures, tu repars à 18 heures, donc finalement tu fais des heures en plus, tout en faisant soi-disant des horaires flexibles (…) »

On voit même apparaitre des « coach minimalistes » comme August Gawen qui explique : “Jobs will come and go, but nothing is more important than your sanity, your mental health, the time that you spend with family and friends. That’s the stuff that really, really matters”.

Entre les lignes
Attention toutefois à la surmédiatisation et au mélange des genres.

Il est notamment important de distinguer 2 catégories de « quiet quitters ».

  • D’un côté on retrouve des salariés anciennement très impliqués, voire surinvestis dans leur travail. Epuisés après la pandémie, en manque de reconnaissance de leur hiérarchie, ayant vécu un burn out pour certains, ils décident de réduire la voilure. Ceux-ci voient dans le quiet quitting une solution de survie et de maintien de leur santé mentale
  • De l’autre côté, on distingue des salariés qui rejettent le modèle du travail et de l’entreprise connu et vécu par leurs parents. Ils ne voient aucun sens à s’épuiser à la tâche, à faire primer leur travail sur leur vie privée et veulent maintenir une réelle frontière entre vie privée et vie professionnelle.

Ce courant vient s’ajouter à celui de Big Quit / Great Resignation ou Grande démission. Et on peut légitiment se demander s’il n’est pas plus dangereux pour les entreprises. En effet, ne préfère-t-on pas qu’un collaborateur désengagé quitte l’entreprise ? Le voir rester alors qu’on le sait démotivé et non impliqué ressemble au pire cauchemar de tout DHR.

Il y a toutefois une façon plus positive de voir les choses.

Et si ce « quiet quitting » n’était rien d’autre qu’un nouveau signal d’alarme.

On le sait, la crise sanitaire a amené les gens à se recentrer sur eux, à revoir leur rapport au travail, à prioriser leur bien-être physique et mental. C’est une nouvelle réalité à laquelle l’entreprise doit faire face car elle a besoin d’attirer et retenir les compétences qui sont nécessaire à son activité.

Comment résoudre l’équation ? En considérant l’humain comme la ressource principale de l’entreprise et en en prenant soin. Préserver la santé physique et mentale de ses collaborateurs veiller à leur équilibre, leur expliciter la raison d’être et la vision de l’entreprise, est de la responsabilité de l’employeur.

Et maintenant ?

Reconquérir l’engagement des collaborateurs suppose de comprendre leur nouveau rapport au travail et de répondre à leurs attentes. La transformation initiée suite à la crise sanitaire avec la généralisation du modèle hybride doit être poursuivie. Il est préférable de le faire dans une démarche de co-construction et en abordant l’intégralité des dimensions : humaine, organisationnelle, managériale, matérielle.

L’environnement et l’espace de travail touchent plusieurs des dimensions évoquées précédemment : matérielle, mais aussi organisationnelle et humaine. Ils sont de puissants leviers de bien-être, de performance et d’engagement au sein des entreprises et doivent être intégrés à la réflexion globale.

Chez Parella, nous sommes conscients des enjeux de transformation auxquels sont aujourd’hui confrontés nos clients. Nous avons à cœur des les accompagner au quotidien à travers le levier immobilier.

Stéphanie POUZET, Directrice Marketing Communication

Sources :

Radio France

Les Dernières Nouvelle d’Alsace

Courrier International

Le Figaro

Les affaires

Euronews